lundi 14 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
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Dette publique : l’État solde Londres, fait attendre ses créanciers locaux

459,5 milliards de francs CFA d’arriérés intérieurs subsistent, alors que l’eurobond a été remboursé à l’euro près en 2025.

L’État gabonais a honoré en 2025 l’intégralité de ses engagements envers les détenteurs de son eurobond, pour un montant cumulé de 2 565,4 milliards de francs CFA. Dans le même temps, 459,5 milliards de francs CFA d’arriérés s’accumulent envers d’autres créanciers, révélant une hiérarchie de fait dans le traitement de la dette publique.

Bâtiment administratif du Trésor public gabonais à Libreville
L'État gabonais a remboursé son eurobond sans retard en 2025, tandis que des arriérés intérieurs s'accumulent.

Deux visages d’un même Trésor

D’un côté, la rigueur absolue : chaque échéance de l’eurobond, cette obligation souveraine émise sur les marchés internationaux et détenue notamment par des investisseurs à Londres, a été honorée sans le moindre retard en 2025. Le montant remboursé, 2 565,4 milliards de francs CFA, donne la mesure de l’effort consenti pour préserver la signature du Gabon sur les marchés financiers.

De l’autre côté, une réalité plus rugueuse : 459,5 milliards de francs CFA d’arriérés s’accumulent envers d’autres créanciers, restés impayés malgré des engagements contractuels. Cette situation dessine, selon les données consultées, une hiérarchie implicite des créanciers, où certains engagements sont sanctuarisés et d’autres relégués au second plan.

Ce que cette hiérarchie révèle

Ce contraste n’est pas propre au Gabon : de nombreux États endettés privilégient le remboursement de leurs titres internationaux, dont le défaut ferait courir un risque de dégradation immédiate de la note souveraine et fermerait l’accès aux marchés financiers. Les créanciers intérieurs, moins susceptibles de sanctionner brutalement l’État, se retrouvent souvent en bout de file.

Cette information provient d’une source unique à ce stade et mérite d’être confirmée par d’autres données publiques, notamment celles de la direction générale de la Dette. Les catégories précises de créanciers concernés par ces 459,5 milliards d’arriérés — fournisseurs de l’État, entreprises locales, organismes sociaux ou autres — ne sont pas détaillées dans les éléments disponibles.

Ce que cela signifie pour le Gabon

Pour l’économie nationale, la question dépasse la simple comptabilité. Des arriérés massifs envers des créanciers domestiques pèsent directement sur la trésorerie des entreprises locales, ralentissent l’investissement et fragilisent l’emploi, quand le service de la dette extérieure continue d’absorber une part significative des ressources publiques.

La résorption de ces arriérés, si elle devient une priorité affichée, supposerait un calendrier de règlement clair et un mécanisme de suivi transparent, à l’image des efforts déjà engagés sur la dette extérieure. C’est sur ce terrain, celui de la crédibilité intérieure autant qu’extérieure, que se jouera la confiance des opérateurs économiques gabonais dans les mois à venir.

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