lundi 14 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
Le Kiosque
Société

De Mouila à Libreville : dix femmes marchent pour se faire entendre

Près de 500 kilomètres à pied pour porter la voix de l'arrière-pays jusqu'au chef de l'État.

Elles sont dix, parties du carrefour Ndendé à Mouila, et elles marchent depuis plusieurs jours vers Libreville. Ces femmes de l'Association des femmes braves de Mouila veulent remettre en mains propres à Brice Oligui Nguema les réalités quotidiennes des populations de l'arrière-pays gabonais. Un périple qui, à lui seul, dit beaucoup sur l'écart ressenti entre le Sud profond et la capitale.

Dix femmes marchant sur une route de terre rouge en direction de Libreville
Les dix marcheuses de l'Association des femmes braves de Mouila, parties du carrefour Ndendé pour rallier Libreville.

Un carrefour, un départ, une cause

Tout commence au carrefour Ndendé, dans le premier arrondissement de Mouila, chef-lieu de la Ngounié. C'est de là que ces dix femmes se sont mises en route, sac au dos, direction Libreville. Entre les deux villes, près de 500 kilomètres de route, de savane et de forêt à parcourir, étape après étape, dans des conditions que l'on imagine sans complaisance.

Elles se présentent comme membres de l'Association des femmes braves de Mouila. Le nom sonne comme un programme : il faut du souffle, et une bonne dose de détermination, pour se lancer dans une telle traversée du pays. Leur objectif affiché est simple à énoncer, plus difficile à réaliser : rencontrer le président de la République, Brice Oligui Nguema, pour lui exposer directement les difficultés vécues loin des lumières de la capitale.

Ce que dit une marche

Au-delà du symbole, cette initiative rappelle une réalité connue mais rarement mise en scène de façon aussi frappante : l'arrière-pays gabonais reste, pour beaucoup de ses habitants, un espace où les services essentiels, les routes, l'accès aux soins ou à l'emploi restent des combats du quotidien. En choisissant la marche plutôt que la pétition ou le communiqué, ces femmes rendent visible ce qui, souvent, ne l'est pas : la distance, au sens propre, entre les villages et le pouvoir.

Cette démarche s'inscrit dans un contexte où le nouveau pouvoir a multiplié les gestes d'écoute envers les provinces, notamment à travers les consultations et tournées engagées depuis la transition. Reste que l'initiative demeure, pour l'heure, documentée par une seule source, et que les détails précis de l'itinéraire, du calendrier ou d'une éventuelle audience présidentielle n'ont pas encore été confirmés de façon indépendante. La prudence s'impose donc sur ces points, sans minimiser la portée du geste lui-même.

Et maintenant ?

Si la marche se poursuit comme annoncé, ces femmes devraient atteindre Libreville après plusieurs jours d'effort. La question qui se pose désormais est celle de l'accueil qui leur sera réservé à leur arrivée, et de la suite donnée à leur démarche. Une audience présidentielle, si elle se concrétise, donnerait à cette traversée du Gabon une résonance qui dépasserait largement le cercle des dix marcheuses.

En attendant, leur geste rappelle une évidence trop souvent oubliée : entre Mouila et Libreville, il y a plus que des kilomètres. Il y a des attentes, patientes mais tenaces, que ce périple à pied a le mérite de remettre sur le devant de la scène nationale.

À lire aussi

Dix femmes marchent de Mouila à Libreville pour rencontrer Oligui Nguema — Le Kiosque