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Dans la forêt gabonaise, des écogardes formés à l'école de l'armée américaine

Quarante gardiens des parcs nationaux ont suivi une formation tactique inédite dispensée par des instructeurs de l'US Army.

L'Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) a franchi une nouvelle étape dans sa coopération avec les forces armées américaines. Quarante écogardes ont participé à une immersion tactique de haut niveau, révélée récemment par l'agence sur ses réseaux sociaux. Une montée en compétence qui dit long sur la nature du métier d'écogarde aujourd'hui au Gabon.

Écogardes gabonais en exercice d'entraînement tactique en milieu forestier
Une formation tactique a réuni quarante écogardes gabonais et des instructeurs de l'US Army.

Longtemps perçu comme un simple garde-forestier, l'écogarde gabonais endosse depuis plusieurs années un rôle bien plus exigeant. Face au braconnage organisé, parfois armé, et à la pression croissante sur les écosystèmes, ces hommes et femmes patrouillent dans des conditions qui n'ont plus grand-chose à voir avec une promenade en forêt. C'est ce contexte qui explique la formation tactique récemment suivie par quarante d'entre eux, encadrés par des instructeurs de l'armée américaine.

Une coopération qui s'approfondit

L'information a été rendue publique par l'Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) elle-même, via sa page Facebook, ce lundi 13 juillet. Selon nos informations, ce module d'entraînement marque une évolution significative dans le partenariat noué entre l'agence gabonaise et l'US Army, déjà engagée depuis plusieurs années dans l'appui aux capacités de surveillance des aires protégées du pays.

Le détail précis du contenu de cette immersion n'a pas été communiqué dans son intégralité. Mais l'appellation retenue par l'ANPN, celle d'une « immersion tactique », suggère un entraînement allant au-delà des rondes classiques : gestion du terrain, coordination d'équipe, réactivité face à des situations à risque. Un vocabulaire qui, appliqué à la protection de la faune, mesure combien la mission a changé de nature.

Le Gabon, sanctuaire sous pression

Le pays abrite l'une des plus vastes couvertures forestières d'Afrique centrale et un réseau de treize parcs nationaux créés en 2002, refuge pour des populations d'éléphants de forêt, de gorilles et de panthères parmi les plus importantes du continent. Cette richesse attire logiquement les convoitises : trafic d'ivoire, chasse illégale, exploitation clandestine de certaines ressources. Autant de menaces qui exposent directement les équipes de terrain à des affrontements potentiellement dangereux.

Renforcer la préparation tactique des écogardes répond donc à une nécessité concrète, celle de leur propre sécurité autant que de l'efficacité de leurs interventions. Un écogarde mieux formé, c'est aussi une dissuasion plus crédible face à des réseaux de braconnage parfois structurés et équipés.

Ce que cela change concrètement

Pour les Gabonais, cette montée en compétence des équipes de terrain n'est pas qu'une affaire militaire ou diplomatique. Elle touche directement à la préservation d'un patrimoine naturel qui structure l'identité du pays et sa politique de développement durable, portée notamment à l'international lors des grandes conférences sur le climat et la biodiversité.

Elle s'inscrit aussi dans une logique de professionnalisation d'un métier trop souvent sous-estimé. Les écogardes ne sont plus seulement des sentinelles de la forêt : ils deviennent, avec ce type de formation, des acteurs de sécurité territoriale à part entière, capables de faire face à des situations complexes loin de tout renfort immédiat.

Reste à savoir si cette coopération se traduira par d'autres sessions similaires, et pour quel nombre d'agents à terme. L'ANPN n'a pas communiqué de calendrier précis sur la suite du programme. Une seule certitude, pour l'instant : le message envoyé est celui d'un Gabon qui entend professionnaliser la garde de ses parcs à la hauteur des enjeux qu'ils représentent.

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