lundi 14 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
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Commerce intra-africain : le Gabon devance le Congo d'un souffle

Avec 746 milliards de FCFA d'échanges enregistrés en 2025, le pays s'impose en tête de la CEMAC, dans un mouchoir de poche avec son voisin congolais.

Un rapport de référence sur le commerce africain place le Gabon au premier rang de la zone CEMAC pour les échanges intra-africains en 2025, avec 1,30 milliard de dollars, soit environ 746 milliards de FCFA. Le Congo suit à seulement 10 millions de dollars derrière. Un classement serré qui interroge sur la solidité de cette avance et sur ce qu'elle traduit vraiment de la diversification économique du pays.

Conteneurs et navires de marchandises au port d'Owendo au Gabon
Le port d'Owendo, point de passage majeur des flux commerciaux du Gabon vers la sous-région.

Sur le papier, la nouvelle a de quoi flatter. Selon des données publiées dans un rapport annuel de référence sur le commerce africain, le Gabon occupe la première place de la CEMAC en matière de commerce intra-africain pour l'année 2025, avec 1,30 milliard de dollars d'échanges, soit environ 746 milliards de FCFA. Juste derrière, le Congo affiche 1,29 milliard de dollars. L'écart : à peine dix millions de dollars, l'équivalent d'une poignée de cargaisons de bois ou de manganèse. Autant dire un mouchoir de poche entre les deux capitales économiques d'Afrique centrale.

Une première place à relativiser

Ce genre de classement a le mérite de mettre un chiffre sur une dynamique régionale trop souvent restée théorique : celle d'un commerce entre pays africains encore balbutiant, alors que la zone de libre-échange continentale africaine promet depuis plusieurs années de rebattre les cartes. Que le Gabon, pays de moins de trois millions d'habitants, se retrouve devant le Congo et, plus largement, en tête d'un bloc de six États, mérite d'être noté.

Mais un chiffre seul ne raconte pas toute l'histoire. Les données disponibles ne détaillent pas la nature exacte de ces échanges : s'agit-il essentiellement de matières premières transformées ou brutes, de produits manufacturés, de flux logistiques liés au transit portuaire ? Sans cette ventilation, difficile de dire si cette première place traduit une diversification réelle de l'économie gabonaise ou si elle reste tributaire, comme souvent, du bois, du manganèse et du pétrole qui composent l'essentiel des exportations du pays.

Ce que ça change concrètement

Pour l'instant, une seule publication documente ce classement, ce qui invite à la prudence sur son interprétation définitive. Il reste que la logique d'ensemble s'inscrit dans un mouvement plus vaste : celui d'une Afrique centrale qui cherche, avec des résultats encore inégaux, à commercer davantage avec elle-même plutôt qu'avec ses partenaires historiques hors du continent.

Pour le Gabonais qui lit ce classement dans son quotidien, la question n'est pas tant de savoir si le pays est premier ou deuxième de la CEMAC. Elle est de savoir si ces 746 milliards de FCFA se traduisent, demain, par plus d'emplois dans la transformation locale, par des ports mieux reliés à Libreville et Owendo, par des filières agricoles ou industrielles qui vendent enfin à leurs voisins plutôt qu'à des marchés lointains. Le classement est une photographie ; la vraie mesure du progrès viendra des prochains rapports, quand on saura si cette avance se confirme, s'élargit — ou se réduit à néant face à un Congo qui ne compte visiblement pas se laisser distancer.

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