lundi 14 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
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Climat : le Gabon défend l'électrification rurale à Dakar

À l'occasion d'un atelier régional sénégalais, Libreville plaide pour que l'accès à l'électricité dans les villages devienne un levier central de la lutte contre le réchauffement.

Le Secrétaire permanent du Conseil national climat, Fabrice Ntchango, représente le Gabon cette semaine à Dakar, où s'est ouvert un atelier régional consacré à l'accélération des Contributions déterminées au niveau national. Au menu des discussions : comment faire de l'électrification des campagnes un outil concret de transition énergétique en Afrique centrale et de l'Ouest.

Installation solaire dans un village gabonais illustrant l'électrification rurale liée à la lutte contre le changement climatique
L'électrification des zones rurales est présentée comme un levier clé pour accélérer les engagements climatiques nationaux.

Un rendez-vous régional, un enjeu très gabonais

Dakar accueille cette semaine plusieurs délégations venues discuter d'un sujet qui, sous son nom technique, cache une question très concrète : comment tenir les promesses climatiques signées à l'échelle internationale ? Les Contributions déterminées au niveau national, ou CDN, sont les engagements que chaque État a pris dans le cadre de l'Accord de Paris pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et s'adapter aux dérèglements climatiques déjà à l'œuvre.

Pour le Gabon, représenté à cet atelier par le Secrétaire permanent du Conseil national climat, Fabrice Ntchango, l'enjeu n'a rien d'abstrait. Le pays, couvert à près de 88 % par la forêt, s'est construit une réputation de bon élève climatique sur la scène internationale. Mais la crédibilité de cet engagement se mesure aussi, et peut-être surtout, à l'aune de ce qui se passe loin des grandes conférences : dans les villages où l'électricité reste un luxe.

L'électrification rurale, chaînon manquant de la transition

C'est précisément l'angle choisi par cet atelier régional : faire de l'accès à l'électricité en zone rurale un levier de transition énergétique, et non plus seulement un dossier de développement classique. L'idée est simple à énoncer, plus complexe à réaliser : remplacer les groupes électrogènes au diesel et les solutions d'appoint polluantes par des installations plus propres, souvent solaires, dans des localités encore éloignées du réseau électrique national.

Au Gabon, de nombreux villages de l'intérieur — dans le Haut-Ogooué, la Ngounié ou l'Ogooué-Ivindo — vivent encore sans raccordement fiable au réseau. Cette réalité pèse sur la vie quotidienne des habitants, freine l'installation de petites activités économiques et complique l'accès aux services de santé ou d'éducation qui dépendent de l'électricité. Traiter cette question sous l'angle climatique permet, selon les organisateurs de la rencontre, de mobiliser des financements internationaux dédiés à la lutte contre le réchauffement pour résoudre un problème très local.

Ce que cela change, concrètement, pour le Gabon

Participer à ce type d'atelier n'est pas un exercice de pure diplomatie. C'est l'occasion, pour les délégations présentes, de partager des méthodes déjà éprouvées ailleurs sur le continent et d'identifier les mécanismes de financement climatique auxquels le pays peut prétendre pour accélérer ses propres projets d'électrification rurale.

Pour les Gabonais des zones les plus reculées, l'enjeu se résume à une question simple : ces échanges se traduiront-ils, dans les mois qui viennent, par des lignes électriques et des kits solaires installés près de chez eux ? La réponse ne dépendra pas seulement des engagements pris à Dakar, mais de leur traduction en projets financés et livrés sur le terrain.

Un dossier à suivre

Selon nos informations, les conclusions de cet atelier régional devraient nourrir la révision des engagements climatiques que plusieurs pays de la sous-région, dont le Gabon, doivent présenter dans les prochaines échéances internationales. Reste à voir comment ces orientations se déclineront concrètement sur le terrain, notamment à travers les prochains programmes portés par le Conseil national climat.

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