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Cameroun : la BAD finance l'irrigation de 618 hectares dans le Nord

Un prêt de 53,3 milliards FCFA doit transformer trois localités agricoles du septentrion camerounais.

La Banque africaine de développement a approuvé un financement de 81,2 millions d'euros pour construire des barrages collinaires et irriguer 618 hectares dans la région du Nord du Cameroun. Ce projet, porté à 58,2 milliards FCFA avec la contribution de l'État camerounais, marque la première phase d'un vaste programme agro-industriel dont les enseignements intéressent toute l'Afrique centrale, Gabon compris.

Barrage collinaire entouré de terres agricoles irriguées en zone sahélienne
Un barrage collinaire similaire à ceux prévus à Damsa, Bibémi et Poli, dans le Nord du Cameroun.

Trois barrages pour irriguer le septentrion

La décision est tombée jeudi : la Banque africaine de développement (BAD) a validé un prêt de 81,2 millions d'euros, soit environ 53,3 milliards FCFA, en faveur du Cameroun. L'argent doit financer la construction de trois barrages collinaires et l'aménagement de 618 hectares de périmètres irrigués dans les localités de Damsa, Bibémi et Poli, toutes situées dans la région du Nord.

Ces ouvrages, de taille modeste comparés aux grands barrages hydroélectriques, servent avant tout à retenir l'eau de saison des pluies pour la restituer aux cultures durant la saison sèche. Une technique éprouvée dans les zones sahéliennes, où l'irrigation reste le principal levier pour sécuriser les rendements agricoles.

Un programme plus vaste, une logique régionale

Avec la contribution de l'État camerounais, estimée à 7,54 millions d'euros (près de 4,95 milliards FCFA), le coût total de cette première phase atteint 88,74 millions d'euros, soit environ 58,2 milliards FCFA. Elle constitue le socle du Programme de développement de l'agro-industrie dans le septentrion (PDAS-1), dont l'ambition dépasse la seule irrigation : structurer des filières agricoles rentables dans une région longtemps fragilisée par l'insécurité alimentaire et les aléas climatiques.

Ce type de financement s'inscrit dans une stratégie plus large de la BAD pour l'Afrique centrale, où les besoins en infrastructures hydro-agricoles restent considérables. Le Gabon, engagé lui aussi dans une diversification de son économie au-delà du pétrole, observe avec intérêt ces montages financiers qui associent bailleurs multilatéraux et contribution nationale.

Ce que cela dit des choix agricoles régionaux

L'enjeu, au fond, dépasse les frontières camerounaises. Partout en Afrique centrale, la question de la sécurité alimentaire pousse les États à revoir leurs priorités d'investissement : moins de dépendance aux importations, plus de résilience face aux dérèglements climatiques. Le pari camerounais sur l'irrigation, s'il tient ses promesses à Damsa, Bibémi et Poli, pourrait servir de référence pour des projets similaires ailleurs dans la sous-région, y compris pour les zones agricoles gabonaises en quête de modernisation.

Reste à voir, sur le terrain, si les 618 hectares annoncés produiront les effets attendus sur les rendements et les revenus des exploitants locaux. Les prochaines étapes du programme permettront de mesurer la portée réelle de cet investissement.

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