dimanche 13 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
Le Kiosque
Économie

Billets d'avion chers : le gouvernement s'attaque enfin aux taxes inutiles

Un groupe de travail interministériel planche sur la suppression des taxes sans valeur ajoutée, pendant qu'une nouvelle contribution de sécurité vise les seuls vols internationaux.

Voler coûte cher au départ de Libreville, tout le monde le sait et le répète depuis des années. Ce que l'on sait moins, c'est qu'un chantier discret a été ouvert pour alléger la facture, tandis qu'une contribution distincte, liée à la sécurité aérienne, s'applique désormais aux voyageurs internationaux.

Hall d'embarquement de l'aéroport international Léon-Mba à Libreville avec des passagers
Le ministre d'État Ulrich Manfoumbi Manfoumbi.

Il y a des sujets qui reviennent chaque année dans les conversations de salon d'embarquement : le prix du billet Libreville-Paris qui donne le vertige, les compagnies qui vont et viennent — Royal Air Maroc, Turkish Airlines ont fini par plier bagage —, et ce sentiment tenace que voyager depuis le Gabon relève presque du luxe. Les professionnels du tourisme ne cessent de le dire : sans billets plus abordables, difficile de faire venir davantage de visiteurs.

Un groupe de travail pour traquer les taxes inutiles

Face à ce débat récurrent, le ministère des Transports a mis en place un groupe de travail interministériel chargé d'une mission précise : identifier les taxes qui pèsent sur le prix du billet sans apporter de réelle valeur ajoutée au secteur, et les supprimer. L'objectif affiché est simple à comprendre : ne pas alourdir davantage la facture des usagers.

C'est, très concrètement, la demande que portent depuis longtemps les acteurs du tourisme. Elle est désormais prise en charge par l'administration elle-même, à travers ce travail de fond mené entre plusieurs ministères. Aucun calendrier de résultats n'a pour l'instant été communiqué, mais la démarche a le mérite d'exister et de s'attaquer directement à la racine du problème plutôt que de se contenter de constats.

Une contribution distincte, réservée aux vols internationaux

Parallèlement, une nouvelle contribution a fait son apparition sur les billets des voyageurs empruntant des vols internationaux. Elle ne concerne pas les vols intérieurs, a tenu à préciser le ministre d'État Ulrich Manfoumbi Manfoumbi dans un communiqué publié le 7 juillet.

Cette contribution découle d'un accord signé le 21 mai entre le ministère des Transports et la société Securiport LLC. Elle finance le déploiement d'un système appelé API-PNR, qui permet de collecter et d'analyser par avance les données des passagers avant leur arrivée sur le territoire. Ce dispositif répond à des recommandations de l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale, et poursuit un objectif de sécurité : renforcer le contrôle aux frontières aériennes et mieux lutter contre la criminalité transnationale, le trafic de stupéfiants et le terrorisme.

Deux logiques, un même souci de clarté

Le communiqué ministériel a précisément cherché à distinguer ces deux chantiers, souvent mélangés dans le débat public. D'un côté, un travail de fond sur la fiscalité du transport aérien, mené pour répondre à la préoccupation légitime du coût des billets. De l'autre, une contribution ciblée, liée à un impératif de sécurité internationale, qui ne touche pas les vols domestiques.

Pour le voyageur gabonais qui prend l'avion pour Port-Gentil ou Franceville, rien ne change. Pour celui qui s'envole vers l'étranger, la nouvelle ligne sur la facture a désormais une explication officielle. Reste à voir, dans les mois qui viennent, ce que produira concrètement le travail sur les taxes jugées superflues — c'est là que se jouera, pour beaucoup, la vraie question du prix du billet.

À lire aussi