BEAC, COBAC, CDC : la bataille des compétences s'invite en Afrique centrale
Face à un désaccord persistant avec la banque centrale et son gendarme bancaire, la structure qui fédère les caisses de dépôts d'Afrique centrale rappelle les règles du jeu.
Un différend oppose depuis plusieurs mois la Banque des États de l'Afrique centrale et la Commission bancaire régionale à un ensemble de caisses de dépôts et consignations, dont celle du Gabon. Dans une tribune, leur structure fédératrice, la CDEC, rappelle les principes censés encadrer l'exercice des compétences de chacun. L'affaire, technique en apparence, touche à la gestion de fonds publics sensibles pour plusieurs pays de la zone.

Un différend qui s'éternise
Depuis plusieurs mois, un désaccord oppose la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) et la Commission bancaire de l'Afrique centrale (COBAC) à un ensemble d'institutions financières publiques : les caisses de dépôts et consignations (CDC), présentes dans plusieurs pays de la zone CEMAC, dont le Gabon. Un groupe de travail, mis en place à l'initiative du gouverneur de la BEAC, s'est réuni à trois reprises sans parvenir à un accord.
Le 17 avril 2025, la structure qui fédère ces caisses à l'échelle sous-régionale, la CDEC, avait fait savoir par communiqué que la dernière de ces réunions s'était soldée par un constat d'échec. Son directeur général affirmait alors que la BEAC et la COBAC envisageaient d'avancer sans attendre un consensus, dans ce qu'il qualifiait de volonté de passage en force.
La CDEC hausse le ton
Dans une tribune récente, la CDEC revient à la charge. Elle y rappelle à plusieurs organes et institutions spécialisées de la sous-région les principes qui, selon elle, doivent encadrer l'exercice de leurs compétences respectives. Le texte ne détaille pas publiquement, à ce stade, la nature exacte des prérogatives contestées, mais il s'inscrit dans la continuité du bras de fer engagé depuis le printemps.
Ce type de différend touche à une question sensible pour les six pays de la zone CEMAC : qui, de la banque centrale commune, de son gendarme bancaire ou des caisses de dépôts nationales, a le dernier mot sur certaines règles de gestion des fonds publics et parapublics. Les CDC administrent en effet des dépôts obligatoires, ceux des notaires, de certaines collectivités ou d'organismes sociaux, dont la bonne tenue conditionne la confiance de ceux qui leur confient ces fonds.
Ce que cela change concrètement
Pour l'heure, aucune décision définitive n'a été rendue publique du côté de la BEAC ou de la COBAC, et les informations disponibles reposent sur une seule source. La prudence reste donc de mise sur l'issue de ce contentieux institutionnel.
Ce qui paraît acquis, c'est que l'enjeu dépasse le simple cadre juridique : une clarification durable des compétences entre ces organes conditionne la stabilité du système financier régional, dont dépendent in fine les usagers gabonais des services publics de dépôt. La prochaine étape attendue reste une reprise du dialogue entre les parties, seule voie susceptible d'éviter un blocage prolongé.
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