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Au Niger, le président Tiani s'enrôle pour le nouveau passeport AES

Le chef de l'État nigérien a lui-même donné l'exemple en s'inscrivant au dispositif biométrique commun aux pays de l'Alliance des États du Sahel.

À Niamey, le général d'armée Abdourahamane Tiani a procédé jeudi à son enrôlement pour l'obtention du nouveau passeport biométrique de la Confédération de l'Alliance des États du Sahel (AES). Un geste symbolique, destiné à accélérer la mise en circulation de ce document commun au Niger, au Mali et au Burkina Faso.

Dispositif d'enrôlement biométrique pour passeport, symbole de l'article sur le Niger et l'AES
Le président nigérien Abdourahamane Tiani s'est enrôlé pour l'obtention du nouveau passeport biométrique de l'AES.

Le geste se voulait démonstratif. En s'enrôlant lui-même, jeudi, pour la délivrance du passeport biométrique de l'AES, le président nigérien a choisi de montrer l'exemple plutôt que de se contenter d'un discours. Le chef de l'État a profité de l'occasion pour appeler les services compétents à renforcer la fiabilité de ces documents, dans un contexte où l'authenticité des pièces d'identité reste un enjeu sensible pour la région.

Un document adossé à un traité fondateur

Ce nouveau passeport n'est pas une simple pièce administrative parmi d'autres. Il tire sa légitimité de l'article 5 du Traité portant création de la Confédération des États du Sahel, texte fondateur qui lie désormais le Niger, le Mali et le Burkina Faso depuis leur rupture avec la CEDEAO. Sa mise au point est présentée comme le résultat d'un travail technique conjoint, mené notamment par les services chargés de la surveillance des documents sécurisés dans les trois capitales.

L'ambition affichée derrière ce projet dépasse la seule question de circulation des personnes. Il s'agit, pour les dirigeants de l'AES, de donner une traduction concrète à leur union politique, en dotant leurs ressortissants d'un document commun qui matérialise l'appartenance à cet espace confédéral naissant.

Ce que cela change pour la région

Pour les populations du Sahel, l'enjeu se mesure d'abord en termes pratiques : un passeport biométrique unique, s'il est effectivement fiable et largement déployé, pourrait faciliter les déplacements entre les trois pays membres, à l'heure où les tensions avec certains voisins de la CEDEAO ont compliqué la libre circulation régionale.

Reste que la réussite de ce chantier dépendra largement de sa capacité à convaincre au-delà des frontières de l'AES. Un document biométrique n'a de valeur que s'il est reconnu et respecté par les partenaires internationaux, notamment pour les voyages hors de la zone sahélienne. L'appel de Tiani à renforcer la fiabilité des documents touche précisément ce point sensible : sans garanties solides sur la sécurité et l'authenticité des données biométriques, l'ambition d'autonomie régionale pourrait se heurter à la méfiance des autres États.

Pour l'heure, l'enrôlement présidentiel marque une étape symbolique dans un processus encore en construction. La suite dépendra du rythme de déploiement auprès des populations et de la capacité des trois pays à harmoniser réellement leurs procédures.

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