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Accra-Libreville : Oligui Nguema courtise les investisseurs ghanéens

Reçu à un dîner d'État par son homologue John Dramani Mahama, le président gabonais a plaidé pour un rapprochement économique entre les deux pays.

Lors d'un dîner d'État offert à Accra, les présidents gabonais et ghanéen ont affiché leur volonté de resserrer leurs liens économiques. Brice Clotaire Oligui Nguema a invité les entreprises ghanéennes à investir au Gabon, une démarche qui s'inscrit dans la diversification des partenariats voulue par Libreville.

Deux chefs d'État se serrant la main devant les drapeaux du Gabon et du Ghana
Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a été reçu par son homologue ghanéen John Dramani Mahama à Accra.

Le protocole d'un dîner d'État cache rarement l'essentiel : c'est souvent là, entre deux toasts, que se dessinent les intentions politiques. Reçu par le président ghanéen John Dramani Mahama dans la capitale, Brice Clotaire Oligui Nguema a profité de l'occasion pour réaffirmer, aux côtés de son hôte, la volonté commune de consolider la coopération entre le Gabon et le Ghana.

Une invitation à investir, au-delà du symbole

Le chef de l'État gabonais a formulé une invitation claire : que les opérateurs économiques ghanéens regardent vers le Gabon comme une destination d'investissement. Une démarche qui traduit une ligne assumée depuis l'arrivée d'Oligui Nguema au pouvoir : diversifier les partenaires du Gabon, historiquement tourné vers la France et, plus récemment, vers la Chine ou les pays du Golfe.

Le Ghana présente un profil qui n'a rien d'anodin pour Libreville. Membre influent de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, il est souvent cité comme un exemple de stabilité institutionnelle et de dynamisme entrepreneurial sur le continent. S'en rapprocher, c'est aussi pour le Gabon chercher des relais économiques hors de sa zone d'influence traditionnelle, la Communauté économique des États de l'Afrique centrale.

Ce que cela peut changer, concrètement

À ce stade, aucun accord chiffré ni secteur précis d'investissement n'a été rendu public. L'annonce relève pour l'instant du registre politique et diplomatique : une déclaration d'intention entre deux chefs d'État, qui devra se traduire, dans les mois qui viennent, par des discussions techniques entre ministères, chambres de commerce et opérateurs privés pour prendre corps.

Pour les Gabonais, l'enjeu réel se situe dans la suite : des investissements ghanéens concrets pourraient, selon les secteurs visés, ouvrir des emplois ou des transferts de savoir-faire, notamment dans l'agro-industrie ou les services financiers, domaines où le Ghana a acquis une expertise reconnue en Afrique de l'Ouest. Mais à ce stade, il s'agit d'une porte ouverte, pas encore d'un projet engagé.

Un déplacement présidentiel à suivre

Cette rencontre s'inscrit dans un déplacement plus large du président gabonais au Ghana, dont les autres volets n'ont pas encore été détaillés publiquement. Il reviendra aux prochaines communications officielles de préciser si cette invitation à investir se traduira par des accords sectoriels, des missions économiques croisées ou de simples déclarations de principe.

En diplomatie économique, l'intention précède toujours l'acte. Reste à voir si celle-ci, formulée à la table d'un dîner d'État, trouvera un prolongement dans les bilans commerciaux des deux pays.

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