dimanche 13 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
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Abidjan prépare ses futurs gardiens du numérique

La Côte d’Ivoire bâtit un Master en cybersécurité pour armer une jeunesse déjà connectée mais encore vulnérable.

À Abidjan, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information et une école publique d’ingénieurs ont validé cette semaine le contenu d’un nouveau diplôme entièrement dédié à la cybersécurité. Une initiative modeste dans son annonce, mais révélatrice d’une préoccupation régionale que le Gabon partage sans l’avoir encore traduite en filière dédiée.

Groupe d'experts en cybersécurité réunis autour d'une table lors d'un atelier de validation pédagogique à Abidjan
Experts et responsables de l'ANSSI ivoirienne et de l'ESATIC réunis à Abidjan pour valider le contenu du futur Master en cybersécurité.

Une maquette pédagogique passée au crible

L’exercice s’est tenu mercredi dans la capitale économique ivoirienne. Des experts venus du secteur public comme du privé ont planché sur le contenu précis de ce futur Master en cybersécurité, porté conjointement par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) ivoirienne et l’École supérieure africaine des technologies de l’information et de la communication. L’objectif affiché est simple à énoncer, plus complexe à tenir : faire correspondre les enseignements aux besoins réels des administrations et des entreprises confrontées, chaque jour davantage, aux intrusions informatiques.

Ce travail de validation n’est pas un détail administratif. C’est de la qualité de cette maquette que dépendra la crédibilité du diplôme auprès des employeurs, qu’ils soient banques, opérateurs télécoms ou services de l’État. En clair : un Master mal calibré produit des diplômés qui savent réciter la théorie mais peinent à colmater une faille réelle.

Pourquoi cela regarde aussi Libreville

La cybersécurité n’est plus un sujet de spécialistes enfermés dans des salles de serveurs. Elle touche désormais la banque en ligne, l’administration numérique, les hôpitaux qui informatisent leurs dossiers, les entreprises qui digitalisent leur comptabilité. Chaque pays d’Afrique centrale et de l’Ouest fait face au même constat : les compétences locales en sécurité informatique restent rares, quand la menace, elle, ne connaît pas de frontières.

Le Gabon n’échappe pas à cette équation. Le pays a engagé sa propre transition numérique, entre dématérialisation des services publics et essor du commerce en ligne, sans disposer pour l’instant d’une filière universitaire spécifiquement dédiée à la cybersécurité. L’initiative ivoirienne offre ainsi un point de comparaison utile : elle montre qu’une agence de sécurité informatique et un établissement d’enseignement supérieur peuvent construire ensemble une réponse académique à un problème très concret.

Une réponse à construire, pas encore un résultat

Il faut le dire avec la prudence qui s’impose : à ce stade, seule la maquette pédagogique a été validée. Ni le calendrier d’ouverture du Master, ni le nombre de places, ni les modalités d’admission n’ont été précisés dans les informations disponibles. La formation reste donc un projet en gestation, dont l’aboutissement effectif mérite d’être suivi.

Ce qui se dessine, en revanche, c’est une tendance de fond dans la sous-région : celle d’États qui choisissent d’investir dans la formation locale plutôt que de dépendre exclusivement d’une expertise importée, souvent coûteuse et difficile à mobiliser dans l’urgence d’une cyberattaque. Pour le Gabon, dont les administrations et les entreprises publiques sont elles aussi engagées dans la numérisation de leurs services, l’exemple ivoirien pose une question simple, presque incontournable : qui, demain, protégera les systèmes d’information gabonais si la compétence ne se forme pas ici ?

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