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À Ovan, la jeunesse de la Mvoung se cherche une place dans la 5e République

Dans l'Ogooué-Ivindo, une première rencontre de jeunesse interroge la place de la ruralité dans le nouveau cycle institutionnel du Gabon.

Le week-end dernier, la localité d'Ovan, dans le département de la Mvoung, a accueilli la première phase d'une rencontre inédite consacrée à la jeunesse locale. Un thème ambitieux donnait le ton des échanges : comment inscrire, de manière visible, les jeunes de cette partie de l'Ogooué-Ivindo dans la 5e République naissante. Derrière l'intitulé un peu solennel, une question très concrète : que devient la jeunesse des départements les plus éloignés de Libreville quand le pays change d'ère institutionnelle ?

Jeunes réunis en plein air à Ovan, localité du département de la Mvoung, en Ogooué-Ivindo
Ovan, dans le département de la Mvoung, a accueilli la première phase des Grandes Rencontres de la Jeunesse de la Mvoung.

Ovan, capitale d'un jour pour la jeunesse

On ne la trouve pas facilement sur une carte routière du Gabon. Ovan, petite localité du département de la Mvoung, en Ogooué-Ivindo, vit habituellement au rythme tranquille des bourgs de l'intérieur. Le week-end écoulé, elle a pourtant accueilli la Première phase de la Première Édition des Grandes Rencontres de la Jeunesse de la Mvoung, un rendez-vous qui, selon nos informations, ambitionne de devenir un temps fort régulier pour les jeunes de ce territoire.

Le choix du lieu n'est pas anodin. Organiser un tel événement loin des grands centres urbains, c'est déjà poser un acte : celui de dire que la parole de la jeunesse ne se construit pas seulement à Libreville, Port-Gentil ou Franceville, mais aussi dans ces départements que l'on qualifie trop souvent, et trop vite, de « périphériques ».

Un thème qui ne cache rien des enjeux

Le fil conducteur de cette première phase tenait en une formule dense : « entre défis et perspectives pour une inscription remarquée dans la 5e République ». Une manière, pour les organisateurs, de poser d'emblée les termes du débat plutôt que de se contenter d'un rassemblement convivial.

Car la question mérite d'être posée sans détour. Le Gabon a changé de cycle institutionnel après l'adoption d'une nouvelle Constitution, et cette 5e République redéfinit les rapports entre citoyens, territoires et pouvoir. Pour une jeunesse rurale comme celle de la Mvoung, souvent éloignée des lieux de décision, l'enjeu est de ne pas rester spectatrice de cette transformation, mais d'y trouver une place active et reconnue.

Les défis ordinaires d'une jeunesse de l'intérieur

Dans les départements comme celui de la Mvoung, les difficultés que rencontrent les jeunes sont connues et récurrentes ailleurs dans le pays : accès limité à la formation qualifiante, rareté des débouchés économiques locaux, tentation de l'exode vers les capitales provinciales ou vers Libreville. Ces réalités ne sont pas propres à l'Ogooué-Ivindo, mais elles y prennent une intensité particulière, dans un tissu économique encore largement tourné vers l'exploitation forestière et l'agriculture vivrière.

C'est précisément ce terreau de contraintes concrètes qui donne son sens à une rencontre de ce type. Réunir la jeunesse locale, l'inviter à réfléchir collectivement à sa propre inscription dans la vie institutionnelle du pays, c'est tenter de transformer un constat de marginalité en projet de participation.

Ce que peut changer une première pierre

Une première phase, par définition, n'épuise pas un sujet aussi vaste. Elle pose des bases, identifie des attentes, et devrait, selon la logique même de l'événement, en appeler d'autres. Le format « grandes rencontres » suggère d'ailleurs une démarche pensée sur la durée plutôt qu'un rendez-vous isolé.

Pour les jeunes d'Ovan et des localités environnantes du département, l'intérêt immédiat tient moins à des annonces spectaculaires qu'à la simple existence d'un espace où leurs préoccupations sont formulées et entendues. C'est souvent par ce type d'initiative de terrain, modeste dans sa forme mais dense dans son intention, que se construisent, département après département, les conditions d'une participation citoyenne plus large à la vie de la nation.

La suite de ces Grandes Rencontres de la Jeunesse de la Mvoung dira si cette première étape trouve un prolongement concret. Ce sera aussi, pour l'Ogooué-Ivindo, une manière de mesurer si les territoires de l'intérieur trouvent réellement leur voix dans le nouveau cycle institutionnel que traverse le Gabon.

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