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À New York, le Gabon plaide sa vision auprès de la Francophonie

À l'ONU, la ministre de la Planification a présenté aux Nations Unies le nouveau plan de croissance du pays et ses atouts touristiques et humains.

Reçue à New York par le représentant permanent de l'Organisation internationale de la Francophonie auprès des Nations Unies, Louise Pierrette Mvono a exposé les grandes lignes du Plan national de croissance et de développement, tout juste finalisé. Une audience discrète mais révélatrice de la diplomatie économique que Libreville entend désormais mener sur la scène multilatérale.

Ministre gabonaise en audience avec un diplomate de la Francophonie dans un bureau à New York
La ministre de la Planification et de la Prospective a présenté à New York les grandes orientations du Plan national de croissance et de développement.

Il y a des rendez-vous qui ne font pas la une des journaux télévisés, mais qui disent beaucoup de la manière dont un pays cherche à se raconter au monde. Celui-ci s'est déroulé dans les bureaux de la représentation permanente de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) auprès des Nations Unies, à New York, où la ministre gabonaise de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, a été reçue par l'ambassadeur Michel Xavier Biang.

Selon des sources concordantes, la rencontre s'est tenue autour de la mi-juillet, dans le cadre plus large d'un déplacement de la ministre aux États-Unis. Loin du protocole figé, l'échange a pris la forme d'une présentation de fond : celle des priorités que le Gabon veut désormais porter devant les instances internationales.

Un pays qui veut se vendre autrement

Au cœur de la discussion, un document encore frais : le Plan national de croissance et de développement (PNCD), récemment finalisé par les autorités gabonaises. Ce cadre stratégique fixe les orientations économiques du pays pour les années à venir et sert désormais de fil rouge à toute la communication institutionnelle gabonaise à l'étranger.

La ministre y a associé deux atouts qu'elle a mis en avant sans détour : le potentiel touristique du Gabon, souvent sous-exploité malgré une nature exceptionnelle, et la place de la jeunesse, cette génération qui représente l'essentiel de la population et sur laquelle repose, de fait, tout projet de développement à long terme.

Ce choix n'est pas anodin. Présenter le tourisme et la jeunesse devant un représentant de la Francophonie, c'est parler à un public capable de relayer ces messages dans un réseau qui compte 88 États et gouvernements membres ou observateurs, et qui pèse dans les arbitrages multilatéraux à New York comme à Paris.

Pourquoi la Francophonie, et pourquoi maintenant

On pourrait se demander ce qu'une organisation linguistique et culturelle a à voir avec un plan de croissance économique. La réponse tient à la nature même de l'OIF depuis plusieurs années : elle n'est plus seulement un espace de promotion du français, mais un acteur qui accompagne ses membres sur des dossiers de développement, de gouvernance et de coopération économique.

Michel Xavier Biang, en poste à New York, occupe une position d'observateur privilégié des dynamiques onusiennes. Pour un pays comme le Gabon, qui cherche à faire connaître ses réformes internes auprès des bailleurs et des partenaires multilatéraux, ce type d'audience constitue un relais utile, presque un test grandeur réelle avant d'autres rendez-vous plus formels.

Ce que cela change concrètement

Une audience diplomatique ne construit pas une route ni ne finance un hôpital. Mais elle prépare le terrain. En exposant le PNCD à un interlocuteur institutionnel de ce niveau, le Gabon affiche sa volonté de sortir d'une image figée sur les hydrocarbures pour se présenter comme une destination touristique en devenir et un pays qui investit sur sa jeunesse.

Pour les Gabonais, l'enjeu se mesure sur la durée : chaque plaidoyer de ce type peut ouvrir la voie à des partenariats, des financements ou des appuis techniques dans des secteurs comme le tourisme durable ou la formation des jeunes, deux priorités affichées du PNCD. Reste, comme toujours, à transformer ces intentions présentées à l'étranger en projets tangibles sur le terrain, à Libreville, à Lambaréné ou dans l'arrière-pays.

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