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À Libreville, la recherche gabonaise planche sur les matériaux de demain

Trois jours pour rapprocher laboratoires et industrie autour des éco-matériaux et de la souveraineté technologique.

Du 17 au 19 juillet, Libreville accueille la quatrième édition des Journées scientifiques de l'Institut de recherches technologiques, rattaché au Cenarest. Chercheurs, universitaires et industriels y débattent d'un même défi : faire de la science gabonaise un levier concret pour l'économie et l'environnement du pays.

Salle de conférence avec participants aux Journées scientifiques de l'Institut de recherches technologiques à Libreville
Les Journées scientifiques de l'IRT réunissent chaque année chercheurs, universitaires et industriels à Libreville.

Un rendez-vous devenu rituel

Pour la quatrième année, l'Institut de recherches technologiques (IRT), bras technologique du Centre national de la recherche scientifique et technologique (Cenarest), ouvre ses portes à un public mêlant blouses blanches et costumes d'affaires. Pendant trois jours, la capitale devient le point de convergence de chercheurs, d'enseignants-universitaires, d'industriels et de partenaires venus discuter d'un sujet qui dépasse largement les laboratoires : comment transformer la matière première gabonaise sans dépendre systématiquement de solutions importées.

L'intitulé de cette édition résume l'ambition : éco-matériaux et souveraineté industrielle. Deux mots qui, mis côte à côte, disent l'époque. D'un côté, l'exigence écologique impose de repenser des filières entières, du bâtiment à l'emballage. De l'autre, la question de l'autonomie technologique se pose avec une acuité renouvelée pour un pays qui exporte massivement des ressources brutes tout en important une large part de ses biens transformés.

Rapprocher le laboratoire du chantier

L'objectif affiché par les organisateurs est simple à énoncer, plus difficile à réaliser : rapprocher la recherche appliquée des besoins réels du développement économique et industriel. Concrètement, cela signifie que les travaux présentés lors de ces journées ne visent pas seulement la publication scientifique, mais l'usage — un procédé qui pourrait alimenter une usine, un matériau qui pourrait remplacer un intrant importé, une innovation qui pourrait irriguer une filière locale.

Cette logique n'est pas nouvelle au Cenarest, mais elle prend un relief particulier à l'heure où le Gabon cherche à diversifier une économie encore très dépendante des hydrocarbures et du bois brut. Les échanges entre chercheurs et industriels, au cœur du format de ces journées, permettent d'identifier très concrètement où se situent les verrous : financement de la recherche, passage à l'échelle industrielle, ou encore adaptation des normes.

Ce que cela change, à terme, pour le pays

Aucune annonce de projet industriel n'a été communiquée à ce stade ; l'événement reste, pour l'instant, un espace d'échange et de débat scientifique. Mais c'est précisément dans ces rencontres que se dessinent, souvent avec des années d'avance, les filières de demain — celles qui pourraient un jour offrir des emplois qualifiés et réduire la facture d'importation du pays.

La tenue régulière de ces journées, année après année, dit aussi une chose simple : la recherche gabonaise cherche sa place, non pas dans une tour d'ivoire, mais au plus près des besoins du pays. Reste à savoir, dans les prochains mois, quels travaux présentés à Libreville trouveront un débouché concret sur le terrain économique.

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