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51 milliards de FCFA versés aux PME : l'État solde ses arriérés

À quelques jours du 66e anniversaire de l'indépendance, le chef de l'État a reçu les patrons gabonais pour acter le règlement d'une dette qui pesait sur leur trésorerie.

Le Palais de la Rénovation a accueilli la Fédération des Entreprises du Gabon et des dirigeants de PME-PMI pour une annonce attendue depuis longtemps par le tissu entrepreneurial local. Le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a confirmé le paiement de 51 milliards de FCFA au titre de la dette intérieure, dont 21 milliards correspondant à près de 1 500 ordonnances de paiement accumulées entre 2022 et 2026.

Le Président gabonais serre la main du président de la Fédération des Entreprises du Gabon lors d'une audience officielle
Le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu la délégation patronale conduite par Alain Kouakoua au Palais de la Rénovation.

Une créance qui étranglait les PME

Depuis plusieurs années, des centaines de petites et moyennes entreprises gabonaises attendaient d'être payées pour des prestations déjà livrées à l'État : travaux de BTP, entretien de bâtiments publics, fourniture de carburant ou de denrées alimentaires. Ces factures impayées, appelées dette intérieure, grèvent la trésorerie des entreprises et freinent leur capacité à investir, embaucher ou honorer leurs propres fournisseurs.

La rencontre organisée au Palais de la Rénovation, en présence d'une délégation de la Fédération des Entreprises du Gabon conduite par son président Alain Kouakoua, a permis d'objectiver l'ampleur du problème et d'y apporter une réponse chiffrée. 21 milliards de FCFA correspondent à 1 478 ordonnances de paiement, des créances documentées et validées, couvrant la période 2022-2026.

Le BTP et l'approvisionnement en première ligne

Les secteurs les plus concernés par ce règlement sont ceux qui travaillent le plus étroitement avec la commande publique : le bâtiment et les travaux publics, l'entretien des infrastructures, la fourniture de carburant et l'approvisionnement en produits alimentaires. Ce sont précisément les segments où les PME gabonaises sont les plus présentes et les plus vulnérables aux retards de paiement.

Pour ces entreprises, souvent familiales ou de taille modeste, un paiement de cette ampleur ne relève pas du symbole. Il permet de reconstituer un fonds de roulement, de solder des dettes fournisseurs et, potentiellement, de relancer des embauches ou des investissements suspendus faute de liquidités.

Un geste posé à la veille du 66e anniversaire

Le choix du moment n'est pas anodin. À quelques jours de la célébration du 66e anniversaire de l'indépendance du Gabon, cette annonce s'inscrit dans une volonté affichée de resserrer les liens entre l'État et son tissu économique. Elle traduit aussi une méthode : traiter les créances par ordonnances de paiement, un mécanisme qui permet de tracer précisément chaque dossier et d'éviter les doublons ou les contestations.

Pour la Fédération des Entreprises du Gabon, ce règlement constitue un signal concret envoyé au secteur privé national. Il ne s'agit plus d'une promesse, mais d'un paiement effectif, engagé au moment même où les entrepreneurs avaient besoin de retrouver de l'oxygène. La suite logique, désormais suivie de près par les fédérations patronales, sera la régularité du traitement des futures échéances, afin que la dette intérieure ne se reconstitue pas au fil des années à venir.

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